LE DEFI DU CARL BECH

3000 m

COUPE DE FRANCE

COUPE DE BRETAGNE

SAMEDI 21 juillet 2018 – 14 heures 30

Epreuve ouverte à tous les nageurs sportifs confirmés à partir de 14 ans, elle consiste, à partir de la Grande Plage de Quiberon, en un aller-retour le long de la pointe de Beg er Vil pour aller rejoindre le site du naufrage du Carl Bech, trois mâts norvégien qui se brisa sur la basse Saint Clément, le 21 décembre 1911.

Nage libre (sans palmes ni tuba)

Combinaison isothermique de natation type Triathlon obligatoire

 

Distance : 3 km

Temps limite : 1 heure 20

Retrait des bonnets et marquage des nageurs :

Samedi 21 juillet 2018 de 8 heures à 14 heures sur le terre-plein dominant la plage face à l’hôtel ALBATROS, 24 quai de Belle Ile

Rappel du règlement et des consignes de sécurité à 14 heures 20

Départ : 14 heures 30

Départ et arrivée : Sur la grande plage de Quiberon, à proximité du môle est de Port Maria.

Le parcours est jalonné par 4 bouées de virage (3 jaunes virées épaule droite puis 1 blanche virée épaule gauche) complétées de 4 bouées orange d’alignement passées indifféremment épaule droite ou gauche.

L’épreuve est ouverte à tous les nageurs à partir de 14 ans, attestant de leur capacité à la natation en eau libre sur longues distances.

Pour s’inscrire, les nageurs devront :

être licenciés à la Fédération Française de Natation,

ou

être licenciés à la Fédération Française de Triathlon et avoir acquitté l’assurance journée de 10 € de l’organisation,

ou

être non licenciés, mais titulaire d’un certificat médical de moins de trois mois attestant de leur capacité à la natation sur longues distances et avoir acquitté l’assurance journée de 10 € de l’organisation.

Autorisation parentale obligatoire pour les mineurs.

Inscription : 20 €

Assurance journée obligatoire pour les non licenciés FFN : 10 € en sus

Epreuve limitée à 300 nageurs.

LES SOLUTIONS DE REPLI

La décision d’annuler l’un ou l’autre des DEFIS ou de modifier les parcours en fonction des conditions météorologiques, peut-être prise à tout moment par les organisateurs.

En cas de conditions imposant d’annuler l’épreuve, il pourrait être décidé de la reporter au samedi 4 août 2018.

UN PEU D’HISTOIRE :

LE NAUFRAGE DU CARL BECH

Nous sommes en août 1911 dans une petite île au large du Pérou.

Le CARL BECH, trois-mâts de 68 mètres de long attaché à Tvedestrand au sud de la Norvège, est au mouillage.

Il attend la fin de son chargement de 1900 tonnes d’un guano accumulé au cours des siècles, sur ce caillou planté au milieu du Pacifique, par les fientes des milliers d’oiseaux marins qui n’ont cessé de le peupler.

Le guano est un excellent engrais, cette île en a plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur, ce qui attire plus de 600 voiliers chaque année.

Le CARL BECH appareille le 10 septembre 1911. C’est un vieux navire en fer de 35 ans qui fut lancé en 1876 à Liverpool.

Baptisé FLINTSHIRE, il navigua tout d’abord sous pavillon britannique avant d’être racheté en 1903 par l’armement norvégien BECH qui le rebaptisa CARL BECH du nom d’un des membres de la famille de l’armateur.

Avant de rejoindre l’Atlantique pour livrer sa cargaison à Nantes, il doit passer le Cap Horn.

Le navire est solide. Il a déjà affronté maintes et maintes fois ce Cap tant redouté des marins.

L’équipage de norvégiens est particulièrement amariné, il en a vu d’autres.

C’est pourquoi, comme par le passé, la navigation se fait sans encombre durant 12 semaines alternant calmes et mauvais temps.

Le CARL BECH approche de la côte bretonne.

Mais la tempête fait rage en Gascogne. Aussi ce grand habitué des quarantièmes rugissants, est-il obligé de serrer la toile, avant de se résoudre à mettre en fuite en attendant que le coup de chien se calme.

Cette fois-ci la tempête est d’une puissance exceptionnelle.

Le vent de sud-ouest continue de fraichir. Le navire n’est plus maître de sa manœuvre. Il dérive vers les côtes bretonnes.

Heureusement, il reste encore de l’eau à courir.

Mais le CARL BECH manque de lest car le Guano est trop léger. Il roule bord sur bord et dérive trop vite.

La côte finistérienne se rapproche dangereusement.

Heureusement, le vent tourne, virant au secteur ouest, puis au noroît.

Cette saute de vent le sauvera-t-il ? Le navire dérive désormais parallèlement à la côte que l’équipage peut entrevoir entre les grains.

Mais un autre danger le guette : Le plateau des Birvideaux se rapproche. Les Norvégiens ne comprennent pas l’origine de ces vagues monstrueuses qu’ils voient déferler au loin, en pleine mer, vers lesquelles, impuissants, ils dérivent.

Selon une légende locale, il y a bien longtemps « er Birvidew » était une île habitée qui fut engloutie avant de devenir un redoutable écueil. On y situe la ville d’Ys.

Bientôt, le CARL BECH talonne lourdement sur les rochers. Sa coque en fer résiste mais le gouvernail est arraché.

Les vagues monstrueuses le transportent par-dessus le haut fond, tel un fétu de paille.

Il reprend sa dérive et longe la côte sauvage de Quiberon. Le bruit des lames s’écrasant au loin sur les rochers  est effrayant. La furie redouble. Le vent hurle dans les hauts, mais le vieux Cap-Hornier résiste encore. Une lueur d’espoir traverse alors l’équipage : Il se dirige vers la baie de Quiberon et ses eaux calmes. Mais il est trop près de la côte. Le salut peut encore venir d’un échouage sur la grande plage de Quiberon.

Par une manœuvre désespérée, les Norvégiens mouillent les deux ancres affourchées et réussissent à immobiliser le navire devant Port Maria.

Il n’y a pas mouillage plus solide.

Les cloches de Quiberon sonnent le Tocsin.

Toute la population s’est massée sur la côte dans l’espoir de pouvoir secourir ces marins inconnus.

Soudain un claquement sec fend l’air, suivi rapidement d’un autre. Ce sont les chaines d’ancres qui viennent de céder l’une après l’autre.

Le navire n'est plus qu'un fétu de paille emporté par la tempête. En quelques minutes, il est drossé sur la basse Saint Clément à moins de 600 mètres de la pointe de Beg er Vil. Les marins trouvent refuge dans les haubans et font de grands signes de désespoir. Les Quiberonnais en dénombrent seize.

Le curé, de loin, les bénit, lançant dans le vent l’absolution des mourants *

Fortuné LE PORT, le patron du canot de sauvetage de Port Maria se précipite au local. Il veut aller sauver les marins. Mais le Président de la station, Monsieur LE QUELLEC refuse de lui donner les clés. Il sait que le courage des marins bretons ne peut rien face aux éléments déchainés. Il ne veut pas allonger la trop longue liste des péris en mer quiberonnais.

Un à un les mâts cèdent précipitant les malheureux dans une mer déchaînée.

Et comme pour asseoir la malédiction, des vagues gigantesques assaillent la solide coque du navire qui finit par se briser en deux dans une épaisse fumée blanche dégagée par le guano qui se volatilise.

Le CARL BECH n’est plus.

Les Quiberonnais sont traumatisés. D’autant qu’ils ne savent pas quel est ce beau trois-mâts qui vient de se fracasser à leurs pieds.

Quelques jours plus tard, la mer assagie commence à rendre les corps. Un sac est retrouvé portant le nom de « Nils Svenningen ». On pense qu’il s’agit du nom de navire. Les recherches ne donnent rien.

Puis le 29 décembre, trois corps sont retrouvés au Grand Mont. Ils portent une ceinture de sauvetage sur laquelle est inscrit « Carl Bech – Tvedestrand ».

L’épave a retrouvé son nom.

 

La mer rendit les corps, un à un, seize au total.

On les déposa dans la vieille école des sœurs où les habitants vinrent jeter de l’eau bénite. Le capitaine portait le pavillon norvégien enroulé autour de lui. Les yeux du novice étaient restés grands ouverts, des yeux bleus comme ceux des viking de jadis, si bleus que les femmes n’en pouvaient détourner le regard, et pleuraient.*

Quelques-uns reposent depuis au cimetière de Quiberon.

Aujourd’hui, le souvenir du naufrage est toujours intact chez les quiberonnais. Une stèle a été édifiée à la pointe de Beg er Vil. Chaque année, le 21 décembre, la cloche du navire, retrouvée en 1998 par Elie COANTIC et Gildas GOUARIN dans l’épave du navire, est sortie du musée de Quiberon où elle est exposée, pour être suspendue à un bossoir près du monument.

Alors, comme elle le fit le 21 décembre 1911, la population se rassemble sur la pointe, en présence du petit fils du charpentier du Carl Bech. Un hommage est rendu et les noms des seize marins norvégiens sont égrenés au son de la cloche, par Madame MEUNIER, Norvégienne en costume traditionnel, avant de procéder au dépôt de gerbes.

La cérémonie se termine traditionnellement par deux coups piqués en souvenir de tous les péris en mer.

Gildas GOUARIN, avec la participation d’Elie COANTIC

 

Le musée de Quiberon expose de nombreux objets relevés de l’épave du Carl Bech

« * » : Phrases tirées de l’ouvrage « Quiberon » écrit par Claude Dervenn - juillet 1966

LE NAUFRAGE D'UN TROIS-MATS A QUIBERON - ELIE COANTIC
Le Naufrage du Carl Bech récit de Elie C[...]
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